Une frappe dévastatrice menée par les Houthis contre l'aéroport international Roi-Khaled de Riyad a fait au moins 12 morts et 309 blessés, marquant l'attaque la plus meurtrière sur le sol saoudien depuis plus d'une décennie. Il s'agit du troisième raid visant la plateforme aéroportuaire de la capitale en une semaine, illustrant l'escalade militaire brutale et l'échec consommé des efforts de paix amorcés en 2022.
Une faille majeure dans le bouclier défensif
D'après les autorités de l'aviation civile saoudienne, le bilan humain comprend quatre Saoudiens, deux Bangladais, ainsi que des ressortissants américain, jordanien, palestinien, syrien, soudanais et égyptien. Les infrastructures hospitalières de Riyad ont été immédiatement saturées par l'afflux de blessés graves évacués par hélicoptères et ambulances.
Des témoins ont rapporté l'effondrement partiel d'une zone d'embarquement international après une déflagration survenue sans qu'aucune alerte antimissile n'ait retenti. Ce défaut de détection souligne les difficultés techniques des défenses aériennes face aux drones suicides volant à basse altitude. Après des frappes préliminaires ayant endommagé un avion de ligne commercial plus tôt dans la semaine, cette attaque a contraint les autorités à suspendre l'ensemble des liaisons aériennes vers la métropole de huit millions d'habitants.
Effondrement du cessez-le-feu et enjeu stratégique
Cette flambée de violences résulte de l'érosion progressive de la trêve conclue sous l'égide de l'ONU en 2022. Durant l'été, les Houthis ont repris l'offensive jusqu'à menacer le détroit stratégique de Bab el-Mandeb et resserrer le siège autour de Taëz. En réponse aux manœuvres terrestres des forces loyalistes appuyées par Riyad, les insurgés ont déclaré l'espace aérien saoudien « zone d'opérations militaires légitimes ».
Répercussions économiques et diplomatiques
Cet assaut intervient alors que le royaume s'apprête à accueillir d'importants sommets internationaux consacrés à l'énergie et aux investissements directs étrangers liés au plan Vision 2030. Washington a fait savoir, par la voix du président Donald Trump, que des frappes de représailles conjointes étaient actuellement à l'étude, accentuant le spectre d'une internationalisation accrue du conflit yéménite.