RABAT — À l’occasion de l'ouverture de la session parlementaire, le roi Mohammed VI a prononcé un discours structurant définissant les grands chantiers nationaux, avec un accent particulier sur la déconcentration administrative, l'insertion de la jeunesse et la refonte des modèles de coopération migratoire.

Application stricte de la Charte de déconcentration

S’exprimant devant les deux Chambres à Rabat, le Souverain a dénoncé les retards persistants dans la concrétisation de la décentralisation et de la déconcentration. Le Roi a affirmé qu'aucun atermoiement ne serait toléré dans la mise en œuvre de la Charte de la Déconcentration, insistant sur le transfert effectif des compétences et l'allocation des moyens financiers et humains du centre vers les régions.

Sécurité stratégique et rôle du secteur privé

Dans un contexte géoéconomique instable, le discours royal a tracé les priorités d'une nouvelle génération de réformes axées sur la sécurité hydrique, énergétique et alimentaire. Le Souverain a également préconisé l'accélération de la constitution de réserves stratégiques et le développement des filières d'avenir telles que l'intelligence artificielle et l'industrie numérique, tout en appelant le secteur privé à intensifier ses investissements productifs et la création d'emplois.

Priorité absolue à la jeunesse

Le Roi a instamment demandé d'ériger les questions de la jeunesse au rang de priorité absolue des politiques publiques. Il a appelé à concevoir une vision intégrée favorisant l'égalité des chances, une éducation de qualité et une intégration économique fluide afin de renforcer la confiance des jeunes dans l'avenir et les institutions du pays.

Gestion migratoire : limites du modèle actuel

Abordant le volet des relations extérieures, Mohammed VI a souligné que le modèle de coopération existant en matière de gestion migratoire a atteint ses limites. Tout en saluant les acquis du partenariat avec l’Espagne, il a pointé du doigt les contraintes juridiques obsolètes entravant le rapatriement des mineurs et l’exploitation du système par les réseaux de traite humaine. Le Souverain a réitéré que le partenariat demeure un engagement souverain, refusant toute forme de pression ou d'instrumentalisation politique.