Le Maroc franchit une nouvelle étape déterminante dans l'édification de son industrie de défense souveraine. En marge du Salon aéronautique de Marrakech, le Royaume a signé une lettre d'intention avec la société française Harmattan AI pour le codéveloppement et la production locale du système IRIFI, un drone de frappe autonome capable d'intervenir à une distance de 2 000 kilomètres.

Navigation autonome et résistance au brouillage

Le système IRIFI est spécifiquement conçu pour opérer dans des environnements contestés où les signaux satellitaires et les liaisons radio sont perturbés par la guerre électronique. La doctrine d'emploi repose sur une autonomie encadrée :

  • Rayon d'action : Jusqu'à 2 000 kilomètres, couvrant un large théâtre d'opérations.
  • Guidage avancé : Vol sans dépendance au positionnement par satellite (GNSS-denied) et guidage optique terminal.
  • Règle d'engagement : Validation humaine stricte des coordonnées et des paramètres de mission avant le lancement.

Bien que le volume de commande et les données financières demeurent confidentiels, le projet met l'accent sur l'intégration de technologies critiques directement sur le sol marocain.

L'essor de l'écosystème militaro-industriel marocain

Ce partenariat s'inscrit dans la continuité de la loi 10-20 relative aux matériels de défense, visant à faire du Maroc un pôle de production aérospatiale militaire. L'accord avec Harmattan AI fait suite à des engagements pris à la mi-2026, incluant l'implantation d'un centre de recherche et développement à Rabat.

Le programme s'étend également aux technologies de lutte anti-drones. Les infrastructures industrielles envisagées visent une capacité globale de production pouvant atteindre 55 000 systèmes autonomes par an, consolidant la montée en puissance technologique des Forces armées royales.